Vincent Bastid (Microsoft France Education) : Origami est le Tablet PC pour l’éducation

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Nous avons eu l’occasion, courant mars 2006, de discuter durant une longue heure avec Vincent Bastid, Responsable Marketing Microsoft Education France, au sujet de la vision de Microsoft du monde de l’éducation, et du projet Origami, de son positionnement en général et des marchés cibles. Morceaux choisis de cette longue discussion qui dévoile les enjeux des outils, mais aussi des usages du concept Origami.

HPClean : Bonjour Vincent, pourrais-tu nous indiquer ce qu’est le concept Origami en quelques mots ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Bonjour Stéphane, le concept Origami est directement issu des travaux d’une partie de la Tablet PC Team qui s’est efforcée de concevoir une plateforme Tablet PC à moindre coût mais aussi beaucoup plus facile d’usage.

Vu de notre côté, Origami est un mini Tablet PC désigné pour l’éducation, qui prend place dans le cartable des élèves. Nous le positionnons à un prix public de l’ordre de 450 / 550 Euros en achat de masse. Il dispose d’une autonomie de 3h30 en version de base et de 8 heures avec une batterie étendue soit une journée de classe, pour un poids de moins de 1 kg, un écran de 22 cm de diagonale (7 pouces WVGA) d’une qualité exceptionnelle de lecture aussi bien dehors qu’à l’intérieur avec un traitement antireflets.  En outre, Origami dispose d’un disque dur de haute capacité ( entre 30 et 60 Go en fonction de la taille du disque – 1,8 pouces ou 2,5 pouces -)

Ce qui tranche c’est que les usages de ce concept sont exceptionnels : l’interface est spécifique à ce nouveau concept. A la sortie des téléphones portables, le clavier T9 a été une révolution, et là, sur Origami, l’utilisateur dispose d’un clavier spécifiquement adapté à son usage, nommé Dialkeys mais aussi clavier quadrant ou clavier escargot qui se dispose en quart de cercles sur les coins inférieurs de l’écran et affiche les touches d’un AZERTY. Ce clavier est aussi révolutionnaire que le T9. L’écran est tactile et s’utilise avec le pouce ou avec l’ongle.

Enfin, l’Origami est un vrai PC fonctionnant sur un système d’exploitation x86, en l’occurrence Microsoft Windows XP Tablet PC Edition 2005. On retrouve des ports USB 2.0, du Wifi, du Bluetooth, un port Ethernet. Autre chose importante, la première génération de produits est dite Windows Vista Compliant et la mise à jour sera possible.

HPClean : cela veut dire que Origami fonctionne comme un véritable PC ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Effectivement, Origami fait tourner Windows Media Player, et se positionne comme un véritable hub numérique permettant de lire de la musique, lire de la vidéo ; c’est un vrai PC ce qui multiplie les usages.

Imaginons un élève qui part le matin dans son bus à l’école ; il peut durant le trajet regarder un film, arrivé à l’école, il envoie des mails via le réseau Wifi de l’école. Durant les cours, l’élève prend des notes directement avec le stylet dans Windows Journal, puis ces documents peuvent être stockés sur l’ENT (L’espace Numérique de Travail – Intranet). Enfin, de retour à la maison, il peut accèder à ses documents car l’ENT est aussi un extranet ; le concept Origami se présente comme un outil utilisable de partout, terriblement totipotent dans ses usages.

HPClean : Tu nous annonces un prix très bas ? Pourquoi viser un coût aussi bas ?

 VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Le coût évoqué (400 / 500 Euros) est la cible de prix que nous aimerions atteindre. Essentiellement sur les plateformes mobiles, le prix est lié aux écrans, c’est le composant le plus cher. Ici, les écrans, bien que d’excellente qualité sont moins chers à produire et disponibles en volume. Par ailleurs Microsoft aide les constructeurs au niveau des accords mondiaux le temps que les volumes soient atteints

HPClean : le premier modèle disponible sur le marché français est le Samsung Q1. Qu’en penses-tu pour le manipuler depuis quelques semaines ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : C’est un produit bien fini et très beau, mais chaque constructeur fait ce qu’il veut ; au delà d’un ordinateur portable c’est un produit qui peut très bien être apprivoisé par les jeunes : l’interface tactile brise les barrières et facilite la manipulation, en tout lieu. C’est à mi-chemin entre la calculatrice et l’ordinateur portable ; ils peuvent l’avoir sur leur bureau d’écolier, tout en réduisant le besoin de câbles, la place que prendra l’outil sera acceptable. En effet comparativement à un ordinateur portable plus lourd en général, l’origami se positionne aisément.

Globalement, Origami transgresse la vision surannée de l’élève et de son cartable de classe. Le cartable classique de l’élève bardé de manuels scolaires et d’un poids très important a vécu. Il est facile d’imaginer l’Origami chargé des manuels scolaires. C’est un PC, tu as accès à internet, tu peux pré charger des encyclopédies (Microsoft Encarta par exemple).

HPClean : Origami est un outil aux multiples facettes en fait ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : L’Origami se positionne comme le composant central de la vie numérique : il cumule aussi bien ce qui est ludique que ce qui est du ressort des études « sérieux ». Microsoft Office peut ainsi prendre place dans l’Origami mais aussi des logiciels plus spécifiques tels que Derive pour tout ce qui est en relation avec les mathématiques, par exemple, pour le calcul formel. L’apprentissage des langues, visionner des films en histoire géographie, utiliser Microsoft MapPoint pour la géographie et la géopolitique, etc etc. Le potentiel est énorme.

Tous les logiciels sont utiles, la révolution de l’Origami c’est de pouvoir les faire rentrer dans un cartable. Par ailleurs comme l’Origami est une plateforme PC, il est alors assez simple de l’utiliser comme support d’un nombre incalculable d’applications pédagogiques. Nous avons par exemple sur le Portail Microsoft Education, des ressources logicielles pour l’éducation, gratuites qui permettent de modifier les Menus de la suite bureautique Microsoft Office pour la rendre utilisable dans le cadre scolaire.

HPClean : Comment va se positionner Origami, en terme d’achats et de marchés ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Dans une premier temps, on sera plus proche des 700 Euros par unité avec possibilité dans des appels d’offres de pouvoir baisser ce prix.

Imaginons un prix de 350 Euros. Cela permet à un Conseil Général d’équiper tous les élèves d’une classe d’âge d’un département et de réduire la fracture numérique avec un message politique très fort. La logique de l’espace Numérique de travail accessible de partout trouve son outil de choix dans l’Origami

Par ailleurs Origami n’est pas un vieux PC de quelques années … c’est un outil récent, avec un processeur basse consommation dont la puissance est suffisante pour faire fonctionner la majorité des logiciels du marché. C’est un outil neuf, conçu pour les spécificités scolaires, robuste, petit , léger, qui n’abime pas les yeux. Ce type de matériel en dehors de l’éducation, va intéresser d’autres corps de métiers…

Nous avons répertorié 3 axes de développement pour l’Origami. Le premier axe fort que nous voyons et poussons est l’axe du marché de l’éducation. C’est un marché prioritaire car les signes montrent que le produit vient à point nommé. La France étant un pays leader dans la mise en œuvre des ENT, l’Origami se positionne parfaitement bien. Il y a un besoin des collectivités : accéder à distances aux ressources pédagogiques, suivre les absences, les notations des professeurs, (applications vies scolaires)… Pour des collectivités, il suffit de mettre le logo sur le couvercle, de distribuer un tel outil aux élèves et sans exception, c'est-à-dire sans faire de différences de moyens, et , par ailleurs, cela permet de mieux pénétrer les foyers en terme d’usage et de technologies. Enfin cela offre une meilleure interaction avec les parents, de les impliquer dans ces usages, et aussi à utiliser eux-mêmes l’informatique. Les enfants vont appréhender plus rapidement l’outil, on peut faire une analogie avec une console de jeux portables, par la prise en main.

Après on peut voir de nombreuses autres populations intéressées par ce tyope de produit : il y a aussi le grand public. Photothèque, discothèque, vidéothèque, Origami se positionne sur le vie de loisirs du grand public. C’est un axe ludique audio / vidéo qui cible de grand public

Enfin il y a un marché typiquement professionnel, qui en première intention n’est pas notre marché de développement, avec des populations nomades voulant investir à bas cout sans négliger le produit pour des applications verticales telles que les relevés d’inventaires, les délégués médicaux, … toutes ces populations nomades peuvent être intéressées Néanmoins ce dernier axe est le plus complexe car il nécessite des études de matériel. L’accent peut être mis sur la puissance embarquée, la connectivité via des réseaux datas, la lisibilité, le potentiel de saisie de formulaires complexes et dans l’état actuel des choses, l’Origami ne répond peut-être pas à toutes ces contraintes ; du matériel plus classique Tablet PC répond mieux. Mais tous ces aspects s’étudient.

HPClean : En quoi le marché de l’éducation est un marché prioritaire pour Origami ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Origami est dans le bon timing pour l’éducation car ce n’est pas un outil précurseur. Regardons par exemple des lycéens. Une calculatrice graphique évoluée vaut un peu plus de 200 Euros, et ce n’est qu’une calculatrice. En multipliant le chiffre par deux, on dispose d’un vrai PC qui fait beaucoup plus qu’une simple calculatrice. L’avantage de l’Origami est d’harmoniser la plateforme et les outils pour faciliter la communication : Origami est prêt pour Windows Vista, et fonctionne sur la plateforme de Windows XP la plus évoluée (Tablet PC 2005). Prenons l’exemple de l’enseignement des mathématiques. Les calculatrices scientifiques évoluées ont pris une part importante dans ce genre d’enseignement. Par exemple il faut pouvoir communiquer pour tous les matériels disponibles, que ce soit des calculatrices HP, Casio, Texas Instrument avec des langages de programmation et des menus tous différents. Ici avec la même technologie et le même logiciel (potentiellement), il est plus facile de communiquer er de faire apprendre. Et même s’il y a une variabilité des logiciels d’enseignement, la base du système est identique. La matériel ne doit pas être un obstacle à l’étude.

Le véritable obstacle qui reste est la capacité de tous les intervenants (élèves, professeurs, parents) à utiliser les outils. Des usages seront donc plus difficiles c’est certain, par la prise en main des outils informatiques, par des problèmes de lecture, par une certaine appréhension des NTIC, … La fracture est plus d’usage (volonté de l’utiliser) et non pas d’accès car les politiques ont les moyens de diffuser l’outil.

HPClean : Quelle est votre vision de l’utilisation d’Origami dans l’éducation ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Nous espérons que dans les 3 ans qui viennent 5 à 10 % des enseignants vont faire le saut, soit à titre professionnel soit à titre privé, car ils vont voir les usages collectifs de l’outil et vont vouloir les expérimenter. Enfin 20 % des enseignants vont s’y mettre si l’IUFM s’équipe par exemple, soit parce que la technologie arrive par les élèves. On est toujours en droit de se demander ce qui peut être probant comme technologie dans les usages de l’enseignant et son rapport avec la pédagogie.

Il est difficile dans le monde actuel, de proscrire la technologie dans les classes car ce n’est pas le monde réel. Pour un « ancien » élève qui va entrer sur le marché du travail, la demande de l’employeur va être de savoir utiliser toutes ces technologies pour maximiser son potentiel et sa productivité et pas d’apprendre à les utiliser. Les professeurs ont donc tout à gagner à dompter la technologie et son usage en classe en l’encadrant. L’instauration de gardes fous et de règles d’emploi permettent de mieux s’approprier l’emploi de technologies, de les contrôler et d’éviter les classiques dérives. Mais il y a un apprentissage au départ ; c’est tout l’enjeu de l’usage d’une technologie quelle qu'elle soit: former et accompagner les enseignants, faire du retour sur les expériences, mutualiser les expériences, les développements, les choses qui sont fait de part et d’autres pour ne pas à avoir à réinventer quelque chose qui a été réfléchi par d’autres, etc etc.

HPClean : Pour vous, Origami est un outil mais l’outil ne doit pas occulter les usages et son utilisation ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : En effet, Origami est un outil avec un énorme potentiel mais qui demande de bien encadrer les élèves et de l’adapter à la classe ; l’informatique, et on le sait depuis longtemps, permet de faire de la pédagogie différenciée en premier lieu dans un cadre global : cela permet de savoir ce que fait un élève, et d’appréhender ce qu’il n’a pas compris. L’enseignant est mieux doté dans son rôle de formateur avec des outils de contrôles, d’encadrement qui permettent de multiplier les approches pour introduire un nouveau concept. Origami offre tout ce potentiel. Il permet de se focaliser sur un résultat et d’investiguer sa portée au lieu de passer un temps non quantifiable à trouver le résultat, et occulter donc toute la dimension de son utilité.

Sur le site de Microsoft France Education, nous avons pour objectif de publier des ressources avec des exemples concrets du programme scolaire français pour voir ce que l’on peut faire concrètement avec la technologie. L’idée pour les consommateurs de ces ressources est de les prendre, d’en extraire des idées, s’en imprégner pour les adapter et les redistribuer à un public différent.

Inventer en pédagogie, c’est de la didactique ; ce n’est pas simple, et il y a des personnes qui sont prédisposées … le mot clé reste l’encadrement d’une nouvelle technologie qui arrive pour en tirer toute sa quintessence dans le but pédagogique. Dans les expérimentations et dans les usages, montrer voulons montrer l’intérêt de la technologie Origami qui permette d’aller plus loin dans l’enseignement. Pour cela, il faut mutualiser les expériences, et surtout mettre en avant les usages et non pas les outils. Les outils ne sont que des moyens, ils ne sont pas une fin en soit. La finalité c’est l’apprentissage, la facilité de compréhension que l’on peut avoir dans telle ou telle discipline. Et Origami focalise l’attention car il est une pierre angulaire dans l’usage de la technologie : il cumule les outils et devient un véritable hub numérique, et sublime les usages. Attention toutefois, montrer les bénéfices d’une technologie ne doit pas occulter les aspects négatifs, les écueils, les abus. L’objectif est bien de montrer l’intégration dans la pédagogie et la réflexion de l’intégration, tout ce cheminement intellectuel qui permet d’arriver à ces conclusions

Le bénéfice est d’ailleurs pour l’élève mais aussi pour le professeur. Cela permet de multiplier les approches dans la résolution d’un problème, dans l’étude d’une question et de l’aborder sous plusieurs angles plus ou moins rationnels. La technologie est permet d’investiguer plusieurs moyens d’arriver à une solution et donc de s’adapter aux différents niveaux des élèves d’une classe.

HPClean : Origami est-il un moyen de démocratiser l’usage des NTIC dans l’école et dans les foyers ?  

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Origami est une chance : j’y crois beaucoup car c’est une chance pour les élèves de venir en classe avec la technologie et c’est eux qui vont la faire vivre et évoluer. C’est eux qui vont faire évoluer les pratiques pédagogiques car les professeurs vont comprendre l’opportunité et vont vouloir la saisir. Les politiques se le diront aussi peut être. La technologie aidera à gommer les problèmes d’accès et ce d’autant plus que l’équipement pourra être financé par les collectivités. Et à partir de là on parlera de pédagogie, de didactique, d’accompagnement, et de pratique.

Et le vrai enjeu il est là : la mise en place de cela. Enfin les autres briques de connaissances se mettent en place et s’amélioreront, permettant de partager du contenu, des expériences. L’enjeu pour Microsoft est d’aider d’ouvrir l’école sur le monde et de faciliter son ouverture, vers les parents, vers le monde du travail. Réduire la fracture des usages c’est un des enjeux de Microsoft. Certes Origami est plus cher qu’une calculatrice, mais c’est plus utile et ca va beaucoup plus loin.

HPClean : Comment Origami va-t-il pouvoir se démocratiser dans les écoles ?

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : La base communautaire a une influence forte sur ce genre de projets et d’équipements ; Si on prend l’expérimentation sur les tableaux blancs interactif, l’idée vient d’un professeur qui a trouvé le concept intéressant et qui a demandé au ministère si une expérimentation à grande échelle étaient possible. Quelques mois après, 500 classes étaient équipées à titre expérimental de ce type d’outils.

Ce que nous recherchons c’est aussi une expérimentation de ce genre : que le Ministère de l’éducation prenne les choses en main et équipe sur une grande échelle, par exemple 1000 ou 2000 professeurs au début. La technologie ne doit pas être que subie, et l’offrir aux enseignants (a voir pour les disciplines, certaines, les coordinateurs, etc. etc. …) n’est pas une chose impossible, les chiffres sont raisonnables. L’intérêt est d’essayer pour avoir de vrais retours sur les améliorations le potentiel etc. etc. …

En terme d’usage, les bienfaits sont vraiment palpables : Origami dans la poche, avec un vidéoprojecteur en Wifi, on dispose alors de quelque chose d’ultraportable connectable à la volée qui facilite la présentation pour une classe. Le Ministère de l’Education doit s’intéresser à ce type d’équipements, même à titre expérimental. Et suivre des communautés d’enseignants les faire travailler, et faire du retour et de la conclusion de ces expérimentations. Cela demande une certaine organisation, un suivi, une volonté, mais l’intérêt est plus que majeur …

HPClean : Vincent, je te remercie pour cette vision de l’Origami qui dépasse une appréciation purement technique et offre une autre vision de l’outil.

VINCENT BASTID (MICROSOFT FRANCE EDUCATION) : Merci et à bientôt !

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