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Écrit par Stéphane TORRES - HPClean   
13-09-2006
Index de l'article
Des utilisateurs nous parlent de leur Tablet PC
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Thomas dit Toto le Bô - Ingénieur informaticien

 

 

Présentation

Bonjour, j’ai 35 ans et je suis ingénieur informaticien dans le milieu des bases de données. J’ai une assez longue expérience de la micro-informatique puisque je baigne dedans depuis assez jeune (j’ai commencé à programmer sur Commodore 64). Depuis quelques années je me passionne pour la démocratisation de la micro-informatique : les nouvelles formes qu’elle prend et les nouveaux usages qu’on lui trouve pour adresser de nouveaux publics. Cela m’apparait en effet primordial pour sortir cet outil formidable du milieu des seuls « connaisseurs », et réellement en faire profiter le grand-public. Comme « qui aime bien châtie bien », je serais assez critique dans mon appréciation du Tablet PC, mais je tenterai bien sûr de rester objectif. 

Mon Tablet PC

Mon Tablet PC est un Toshiba M200 qui a tout juste 2 ans. Je l’utilise exclusivement pour mon usage personnel et non professionnel, et c’est mon unique PC. Je le complète simplement d’un réseau wifi et d’un très gros disque dur autonome accessible 24h/24 en wifi ; et aussi d’un lecteur/graveur DVD en USB mais que j’utilise rarement. C’est mon premier Tablet PC, mais avant j’avais un gros portable : un Sony que j’ai gardé 3 ans, et dont la principale caractéristique était son fameux (pour l’époque) écran 16 pouces en 1600x1200. À la maison il y a aussi un autre portable, un 14 pouces, mais je n’y touche que très rarement, pour des tâches d’administration (c’est le PC perso de ma femme). 

Mon Tablet PC est un Toshiba M200 qui a tout juste 2 ans. Je l’utilise exclusivement pour mon usage personnel et non professionnel, et c’est mon unique PC. Je le complète simplement d’un réseau wifi et d’un très gros disque dur autonome accessible 24h/24 en wifi ; et aussi d’un lecteur/graveur DVD en USB mais que j’utilise rarement. C’est mon premier Tablet PC, mais avant j’avais un gros portable : un Sony que j’ai gardé 3 ans, et dont la principale caractéristique était son fameux (pour l’époque) écran 16 pouces en 1600x1200. À la maison il y a aussi un autre portable, un 14 pouces, mais je n’y touche que très rarement, pour des tâches d’administration (c’est le PC perso de ma femme). 

Conditions d’utilisation

Je me sers de mon Tablet PC dans mon appartement et il ne sort pour ainsi dire jamais, sauf parfois quand je l’emmène en vacances. Mes plus grosses activités sont le surf sur internet, des petits développements personnels de logiciels, et du visionnage DivX. Suivent ensuite tous les petits usages courants des particuliers : photos, courrier, gestions et classements divers, etc. Je me sers très couramment de mon M200, et je le laisse le plus souvent en veille pour qu’il soit rapidement dispo dès que j’en ai besoin (je l’ai configuré pour qu’il passe en veille dès que je le referme, puis en hibernation au bout de 2h).

Sa forme assez réduite, proche de l’ultra-portable, m’autorise à l’amener dans toutes les pièces avec une assez grande liberté. J’utilise ce convertible en mode « portable » grosso modo 90% du temps, sur un coin de table, dans le canapé, ou même au lit ! Les 10% restant je bascule en mode « tablette », surtout quand le format « portrait » se trouve plus adapté (par exemple pour lire une doc), mais aussi quand je dois discuter avec quelqu’un avec le PC sous la main, car c’est alors plus convivial de discuter en utilisant une tablette qui est plus spontanément exposée sous les yeux de son interlocuteur et qui ne gêne pas la conversation. La prise de notes debout est dans mon cas très anecdotique puisque j’ai dû réellement m’en servir ainsi seulement 5 ou 6 fois en 2 ans…

 Bénéfices et inconvénients du produit

Je suis globalement satisfait de mon modèle :

  • Les performances sont bonnes et me permettent d’utiliser tous les logiciels que je souhaite dans de bonnes conditions (je ne fais cependant pas de jeux vidéo) ;

  • l’écran bénéficie d’une très bonne précision (SXGA+) et offre ainsi un espace de travail confortable ;

  • la robustesse est bonne (déjà tombé 2 fois d’une faible hauteur et toujours RAS) même si mon ancien disque n’a pas supporté d’être trop souvent sollicité non-stop plusieurs semaines d’affilées ;

  • le ventilo est discret et se déclenche très rarement (de l’ordre d’1 fois par mois en moyenne avec mon utilisation), par contre le soir on peut facilement discerner un léger bruit de souffle dû à la rotation du nouveau disque – un 7200 tpm ;

  • l’ergonomie d’ensemble est satisfaisante, avec un lecteur de carte SD, des touches de configurations efficaces (mieux même que sur le Sony de ma femme), un logiciel de gestion d’énergie pratique et efficace, une transformation rapide en Tablette (pivotement de l’écran rapide et fiable et stylet assez facile d’accès), mais aussi avec des touches programmables peu pratiques et dans mon cas complètement inexploitées, et un clavier Toshiba demandant un petit temps d’adaptation pour trouver ses marques (mais on s’adapte souvent plus vite qu’on ne le pense, et ce clavier est finalement assez cohérent et en tout cas mieux conçu que celui du Sony) ;

  • l’autonomie est elle aussi correcte (bien qu’elle semble avoir légèrement diminué depuis que j’ai ce disque rapide), mais je ne suis pas très critique sur ce point d’une part car en semaine je ne l’utilise que le soir et donc souvent moins de 3 heures, et d’autre part car je peux encore faire l’effort au bout de 3 heures d’aller chercher le transfo dans la pièce d’à côté…

Mes 2 plus gros reproches, c’est d’abord l’angle de vision de l’écran qui pourrait être de nos jours nettement meilleur, et ensuite la chauffe assez désagréable de l’appareil (en position « tablette » tenue dans les bras, mais aussi en position « portable » à cause de repose-poignets désagréablement chauds).

Du stylet aussi je trouve à redire : son bouton latéral n’est pas pratique du tout et si je le laisse actif je passe mon temps à appuyer dessus par inadvertance quand j’écris. 

Pour Windows TabletPC 2005 je suis plus mitigé, même si je ne connais pas mieux et que ce système accumule manifestement une technicité hors-pair. Je remarque que je me sers assez peu de la reconnaissance d’écriture dans OneNote : j’écris tellement mal quand je prends des notes rapides que je n’ose demander à quiconque de me relire – Windows compris ! Par contre quand j’utilise le TIP dans les autres programmes je m’applique un peu mieux et la reconnaissance est alors très correcte et tout à fait utilisable.

La simulation de la souris par le stylet est elle aussi correcte, mais je la trouve légèrement fatigante à la longue car elle nécessite de plus grands mouvements : c’est bien en journée et qu’on est en forme, mais les soirs où je rentre crevé et que je ne peux plus bouger que le petit doigt j’ai alors tendance à préférer le touchpad…

De plus certaines manipulations sont moins aisées au stylet qu’à la souris (par exemple une sélection précise dans un texte), mais le touchpad rencontre aussi ce genre de problème et de toute façon ça reste parfaitement exploitable. Par contre les « gestures » ne m’ont pas vraiment convaincu et je ne m’en sers pas du tout, me privant par là même de la réactivité qu’offrent les raccourcis-clavier. 

Au final, je suis moyennement convaincu par l’aspect Tablette de mon modèle actuel (hardware + OS) puisque je ne l’utilise qu’à peine 10% du temps dans ce mode. Mais aucun doute qu’avec Windows Vista l’expérience sera un peu plus pertinente et exploitera mieux le potentiel du concept. Donc même si actuellement je considère le Tablet PC comme un élément de confort accessoire pour monsieur Tout-le-monde, mon prochain PC sera certainement encore un Tablet PC car je souhaite suivre de près l’évolution de ce concept (et sans doute aussi parce que je suis un peu technophile…). Mais je porterai alors mon attention sur des convertibles encourageant un peu plus au côté « Tablette » de la machine. À moins qu’un Origami complété d’un simple portable ne s’impose entretemps comme la solution idéale pour les particuliers… 

Avis général :

Mon impression générale c’est que je reste encore sur ma faim : le système manque d’efficacité et n’offre au final pas assez d’avantage pour que tout-un-chacun puisse réellement le préférer à un simple portable. En effet le concept semble ne bénéficier actuellement, avec une majorité écrasante, qu’aux professionnels ayant un besoin vital de mobilité, mais les particuliers refuseront de payer un surcoût substantiel pour bénéficier d’un Tablet PC : sa valeur ajoutée n’est pas encore assez sensible à leurs yeux.

Pourtant beaucoup parmi eux avaient fait cet effort financier pour passer du desktop au portable… C’est très dommage car aujourd’hui le marché s’oriente doucement vers les ultra-portables et les gens sont réellement attirés par la mobilité. Tous les éléments sont donc en place, mais il manque encore « un petit quelque chose » pour que ce produit rencontre le succès… 

Réflexion générale :

Les atouts qui ressortent du concept Tablet PC peuvent se résumer en termes de mobilité et d’accessibilité. Explorons donc un peu ces avantages pour découvrir où porter prioritairement les efforts afin de rendre ces machines plus attractives.

  Le Tablet PC comme outil informatique mobile.

Pour moi il est clair que c’est l’atout principal du Tablet PC : le confort et la liberté qu’il promet en contexte de mobilité sont en effet sans égal ! Pour les utilisateurs actuels, l’encre numérique « INK » perd 90% de son intérêt si elle est juste là pour « le plaisir de lire son écriture plutôt que celle de la machine » ; les 10% restant représentant seulement l’intérêt de faire des dessins ou des annotations manuscrites à un bureau.

Le Tablet PC est manifestement taillé pour la mobilité (attention à ne pas confondre mobilité et portabilité)

Son form-factor le rend d’emploi plus spontané qu’un portable (pas besoin de le déplier, ni de trouver un endroit où le poser) et incite ainsi à s’en servir plus souvent, même pour de toutes petites tâches. Et tous ces « micro-usages » potentiels décupleront très certainement son utilité pour les particuliers. Par exemple, au lieu d’aller chercher un dictionnaire ou une calculatrice on aura aussi vite fait de tendre la main vers son Tablet PC posé non loin... Bref, de la même façon que le PC portable a permis à l’utilisateur d’emmener dans ses déplacements les services d’un « desktop » (c’est la valeur ajoutée de la portabilité), le Tablet PC augmente encore sa disponibilité globale, en accentuant son ubiquité et surtout sa réactivité (c’est la valeur ajoutée de la mobilité) puisque l’utilisateur est directement opérationnel dès qu’il a l’appareil en main, sans avoir à chercher un endroit adapté à la frappe au clavier.

De ce point de vue, le Tablet PC se pose donc comme l’évolution naturelle du PC portable. Microsoft semble avoir bien compris l’importance de la mobilité pour la micro-informatique des années à venir – Origami en est la preuve. Mais on commence à peine à repérer les techniques clefs de la micro-informatique mobile. Par exemple l’usage d’un écran tactile plutôt qu’électromagnétique, dans le but réduire les coûts, profite certainement de manière sensible à la réactivité de la machine : pour les consultations ne nécessitant que quelques clics il n’est plus nécessaire de dégainer son stylet, ni même d’avoir les mains libres puisque 1 seul doigt suffit ! Et ce constat va certainement rapidement bénéficier en retour aux Tablet PC… 

Une autre interface qui semble être autant adaptée que la reconnaissance d’écriture à la mobilité du Tablet PC – et sur laquelle Microsoft semble vouloir s’appuyer dans un proche avenir – est la reconnaissance vocale. En fait je ne suis pas du tout convaincu qu’elle soit réellement adaptée à la micro-informatique ! Pour l’avoir essayée quelques temps sur mon Tablet PC, je peux vous dire que j’ai vite déchanté, non pas à cause de problèmes techniques (car la reconnaissance est aujourd’hui très bonne) mais simplement parce qu’elle ne prend pas en considération un élément informel mais souvent prépondérant en micro-informatique : la discrétion – autant sur l’aspect « je ne gêne pas » que sur l’aspect « je ne suis pas gêné ». En effet, la micro-informatique que nous connaissons permet de manipuler des données personnelles et même confidentielles, de travailler confortablement à plusieurs dans un même espace, etc. Toutes ces choses dont s’accommode très mal la parole ! Sans compter qu’il faudra un petit changement des mentalités pour ne pas se trouver ridicule à parler à sa machine… On pourrait penser que c’est un faux problème puisque le téléphone mobile n’a pas rencontré cette difficulté, mais c’est qu’en fait la téléphonie n’a rien perdue à passer du fixe au mobile : le téléphone fixe n’était déjà pas un outil discret et l’usager n’a donc pas été frustré en passant au mobile. Avec l’informatique personnelle au contraire, l’usagé est habitué à la discrétion et risque d’être assez frustré si on lui fait perdre ce confort… Donc la reconnaissance vocale dans les TPC du futur, pourquoi pas, mais elle ne doit pas être vu comme l’interface miracle et restera certainement cantonnée à certains usages particuliers… 

En somme, l’informatique mobile cherche encore ses marques, mais il y a fort à parier que cela évolue très rapidement, comme toujours en informatique ! Et le Tablet PC est actuellement le mieux placé – avec le tout nouvel Origami – pour conquérir ce marché.  

Le Tablet PC comme outil informatique accessible.

 Le second atout du Tablet PC vient principalement encore du fait qu’il permet de se passer entièrement de clavier, et même de souris. Parce qu’il substitue alors un acquis quasi-universel à la nécessité de savoir manipuler ce fameux couple clavier/souris : il ne demande en effet que de savoir écrire ! C’est potentiellement très intéressant puisque ça entrouvre la porte de la micro-informatique à toute une catégorie de personnes qui en sont culturellement assez éloignées : les personnes d’avant la « génération micro », les personnes défavorisées, et enfin les enfants qui n’ont pas encore eut l’occasion d’assimiler le clavier... Ce serait donc un gain non-négligeable pour toutes ces personnes puisque ça limiterait l’investissement personnel préalable pour réellement profiter de l’informatique, accélérant en quelque sorte leur retour sur investissement. Toutefois, si on analyse en détail ces catégories de personnes on s’aperçoit que le Tablet PC possède d’autres barrières qui ne le rendent finalement pas si accessible que ça !

  • D’abord, pour les personnes d’avant la « génération micro » le Tablet PC reste un vrai PC complet, c’est-à-dire une machine complexe, nécessitant toujours – et malgré des efforts significatifs – beaucoup plus de connaissances informatiques qu’une machine spécialisée comme une console de jeux ou une machine à écrire électronique. Et ces connaissances sont justement ce qui leur fait défaut !

  • Pour les personnes défavorisées aussi, il faut bien reconnaître qu’économiser l’apprentissage du clavier ne leur met pas pour autant un PC dans les mains ! Et le lancement récent d’Origami à 2 ou 3 fois le prix annoncé montre bien combien ce problème n’est pas anodin : la volonté de baisser le prix est certainement là mais ça reste malheureusement difficilement réalisable. Car le Tablet PC reste un PC, et donc aujourd’hui encore relativement cher.

  • Enfin pour les enfants venant juste d’apprendre à écrire, économiser l’apprentissage du clavier n’a plus vraiment de sens de nos jours, alors qu’il y a déjà souvent plusieurs PC dans les foyers, et qu’il devient même relativement commun de leur mettre carrément un portable dans les pattes pour les amuser avant même qu’ils ne sachent écrire… Il n’en demeure pas moins que les expériences de Tablet PC à l’école sont très encourageantes, et démontrent que dans ce contexte le Tablet PC améliore de manière significative l’accès aux bienfaits de l’informatique. Malheureusement, transformer ces « expériences » en « réalité généralisée » est intimement lié d’une part au prix des Tablet PC – et nous rejoignons donc la problématique des personnes défavorisées du point précédent – et d’autre part aux compétences informatiques des enseignants – et nous rejoignons alors la problématique du premier point.

De plus il faut reconnaître que la micro-informatique conserve malgré la disparition du couple clavier/souris un niveau d’accessibilité non négligeable : il faut en particulier maîtriser le vocabulaire du milieu, les différentes logiques de comportement, des notions de « sécurité » diverses, etc.

Bref, la « culture informatique » ne se limite pas à la maîtrise du clavier et de la souris, loin de là ! Et donc ce que le Tablet PC résout en termes d’accessibilité n’est peut-être que l’arbre qui cache la forêt… 

Enfin, il y a le problème de la délimitation de l’accessibilité : qu’est-ce qu’il faut réellement faire pour rendre la micro-informatique plus accessible ? Par exemple Microsoft semble penser qu’inciter l’utilisateur à manipuler INK (et pas seulement écrire en INK) rend le PC plus accessible. Or, je trouve pour ma part que manipuler du texte manuscrit est moins pertinent que manipuler du texte dactylographié (en terme d’efficacité bien sûr, mais même en terme d’accessibilité) : écrire en INK, très bien, mais ne tombons pas dans l’excès et ne renions pas tout l’apport de l’imprimerie !  

Au final, cet atout d’accessibilité semble à court terme assez incertain, avec plutôt un accomplissement à long terme. Et d’ailleurs, dans les faits je pense qu’il rencontre actuellement moins de succès que l’atout de la mobilité… Il apparaît donc qu’il faudrait se concentrer sur l’aspect « mobilité » de la machine pour trouver la voie du succès. Origami semble aujourd’hui un peu mieux armé de ce point de vue, mais il ne reste pour beaucoup qu’un complément du PC, contrairement au Tablet PC qui peut prétendre, lui, en être le successeur ! 

 

 



 
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